La mise en place du D.T.O. 48/540

Les événements s’intensifiant en Algérie, l’Armée de l’Air décide alors de renforcer ses moyens en place au Sahara.  En novembre 1956, le général Jouhaud, chef d’état-major commandant la 5ème Région Aérienne à Alger, convoque le lieutenant G. Deprez et lui dit "Je vous affecte à Fort-Flatters pour créer le nouveau D.T.O.".

Le 23 novembre 1956, le lieutenant Deprez, l’adjudant-chef Mangevaud et trois soldats débarquent à Fort-Flatters avec la mission de jeter les premières bases du futur D.T.O..  Ils préparent ainsi le terrain pour accueillir les hommes et le matériel qui doivent arriver incessamment pour mettre en place la nouvelle base.  En descendant de l’avion ils découvrent la station radio et un peu plus loin à l’est, deux autres petites constructions en dur et c’est tout, il n’y a rien d’autre sauf une piste d’atterrissage assez rudimentaire, une aire de stationnement pour les avions et les dunes à l’infini, délimitées au nord par une falaise.

Les aviateurs, aidés par quelques éléments du Génie, mettront environ dix mois pour exécuter les gros travaux.  Sous une chaleur intense dépassant souvent les 50º pendant les mois d’été, ils construisent les bâtiments nécessaires pour loger les hommes et abriter les différents services et aménagent les infrastructures essentielles à tout terrain d’aviation, la piste d’atterrissage, les chemins de roulement, les aires de stationnement, un grand hangar et une soute à essence moderne.  Ils installent aussi un réservoir de 50 mètres cubes pour l’approvisionnement en eau potable.  Il faudra le remplir deux ou trois fois par jour pendant l’été.

De passage à Fort-Flatters, le journaliste Jacques Garat du grand quotidien algérois "L’Echo d’Alger" écrira "Maintenant, après moins d’un an, s’alignent le long de la piste les installations du D.T.O. et ce que le lieutenant Deprez, commandant de D.T.O.se plait à souligner est que cette œuvre fut une œuvre commune pour laquelle chacun se donna à fond…".

Au même moment mais plus au sud, à environ 240 kilomètres au sud-est de Fort-Flatters, quelques hommes de l’Armée de l’Air préparent l’installation du nouvel aérodrome de Fort-Polignac.

Au début de l’année 1958, le général Jouhaud et le ministre de l’air Christiaens viennent inspecter le nouveau D.T.O. de Fort-Flatters.