TÉMOIGNAGE

 

 

Jego, un ancien de la Géophysique se souvient…après plusieurs séjours dans le Sud  comme on disait alors, j’ai débarqué à Fort-Flatters à l’automne 1956.

 

Le camp de la Géophysique, à l’exception du bureau, était entièrement sous toiles,  tentes individuelles pour les prospecteurs, tentes cuisine, garage, popote, etc, et situé à l’est du village.  Quelques mois plus tard la société fit construire des bâtiments en dur plus près du bordj, avec une cour fermée, mais les prospecteurs restèrent logés sous leurs tentes.

 

Fort-Flatters était le camp de base, à partir duquel nous avons sillonné l’Hamada du Tinrhert jusqu’à la frontière libyenne  en effectuant des mesures gravimétriques à chaque kilomètre.  Une équipe sur le terrain se composait de 2 prospecteurs, 5 chauffeurs, 2 porte-mires, un cuisinier et son aide, le matériel de 3 jeeps, un 4x4 et un 6x6.  Nous utilisions aussi les services de la Compagnie Devicq, les camions Berliet de tous types ou Lancia servaient à faire des dépôts d’eau ou d’essence ( en fûts de 200 litres ) au fur et à mesure de notre progression.  Les camions de la Compagnie Devicq servaient aussi à ramener au garage à Flatters les véhicules qui n’étaient plus en état de rouler.  Le terrain sur l’Hamada était très difficile et la casse de véhicules très importante.

 

La sortie durait une semaine, à laquelle il fallait ajouter un jour pour rejoindre l’équipe à relever, et un jour pour revenir à Flatters avec les véhicules les plus endommagés.  Hormis les indigènes, Touaregs et Chambas qui étaient très fiers de travailler avec nous et de sillonner leur pays, nous fréquentions peu la population locale.  Je me souviens de quelques parties de volley-ball avec des militaires du Génie et des apéros avec des légionnaires.  Ces derniers étaient commandés par le capitaine Gaty.

 

Sur le terrain, les gars de Génie qui tiraient un traîneau de vieux pneus avec un tracteur pour niveler la tôle ondulée de la piste.

Au printemps 1957 commencèrent les essais de prospection en hélicoptères avec la société Gyrafrique.

 

Au camp, le matin et l’après-midi nous allions au bureau trier et exploiter les mesures faites sur le terrain.  Le bureau était une grande pièce avec des longues tables et ressemblait fort à une classe d’école.

Sur le terrain, on travaillait tous les jours même pendant les fêtes.  Quand il y avait du vent de sable on continuait de travailler la tête emmaillotée dans nos chèches.  Le soir sous la tente, nous nous lavions les yeux à l’Optrex.

 

Nous fûmes les premiers à prospecter la Tinrhert, des missions sismiques nous suivirent , et  aujourd’hui un gisement de gaz naturel est exploité à Tin Fouchaye et Hassi Tabankort près de la piste de Flatters à Fort-Saint.