Témoignages

   

L'adjudant Vacher, un ancien de la Compagnie Saharienne des Ajjers se souvient... jusqu'à la fin de l'année 1938, le chef de poste était logé et avait son bureau dans l'ancien bordj construit en 1904.  Le bureau était situé à gauche, en entrant dans le bordj, j'y ai d'ailleurs assuré un intérim d'un mois à cette époque.  Jusqu'en 1943, Fort-Flatters dépendait de l'Annexe des Ajjers, puis avait été rattaché à Ouargla.

Quelques années plus tard, lors de mon passage à Flatters vers le mois de mai 1944, le chef de poste était l'adjudant Sauron qui logeait alors à l'Annexe où il avait son bureau.  Il resta chef de poste jusqu'en 1946, l'adjudant Bouleau le remplaça pendant quelques mois.  De juillet 1947 à juillet 1948 l'adjudant Spruytte fut chef de poste, remplacé par la suite par Mahoudeau.

J'appartenais à la Compagnie Saharienne des Ajjers crée en 1924 à Djanet, à partir du Groupe Mobile dépendant du Hoggar et qui stationnait aux Ajjers.  En 1943, la Compagnie des Ajjers a fusionnée avec des éléments de la Compagnie du Hoggar pour former la Compagnie Saharienne du Tassili à Ghat.

C'est l'adjudant Vacher qui en mai 1948 accompagna l'écrivain Roger Frison-Roche dans la traversée du Messak Settafet avec l'adjudant Mollet, radio-télégraphiste, qui rejoignait son poste à Tamanrasset.

Dans le récit de Roger Frison-Roche publié dans ses "Carnets Sahariens", j'ai été récupéré par le lieutenant Rossi qui devint plus tard commandant faisant fonction de sous-préfet, chef du Cercle de Djanet.

 

Un ancien légionnaire de la 2ème Compagnie Saharienne Portée Mixte à Fort-Flatters ajoute...  c'est en avril 1939 à la suite d'un rengagement de 2 ans que je me présentais au capitaine Mougenot, commandant de la Compagnie.  Affecté au peloton du lieutenant Clergé Vaucouleurs pendant un mois environ, je fus désigné comme infirmier de la Compagnie et installé dans l'ancien bordj.  Le lieutenant médecin Pellot arrivait deux semaines plus tard.

La Compagnie campait vers le terrain d'aviation, "en bas", et les malades devaient grimper tous les matins jusqu'au bordj…  et ce n'était pas pratique.  On discuta ferme pour obtenir le bâtiment du poste d'essence qui était libre et situé près du terrain d'aviation.

C'était une simple casemate, une porte, une lucarne et un sol de sable.  Nous l'avons blanchi à la chaux et transformé en infirmerie.  C'est à ce moment que l'Escadrille Saharienne nous a rejoint, quelques jours après la déclaration de guerre avec l'Allemagne.

Des militaires vinrent construire des bâtiments à côté du terrain d'aviation, ça travaillait jour et nuit et pendant ce temps la 2ème C.S.P.M. construisait les bâtiments administratifs et les logements des lieutenants Clergé Vaucouleurs, d'Exéas et Boyer, le capitaine Mougenot était logé vers la petite palmeraie.

En 1942, je suis transféré à la 1ère C.S.P.M. à Ouargla et je quitte Fort-Flatters.  Voici encore quelques souvenirs...  un détachement du Génie Saharien est venu construire un hôpital et une boulangerie.  A cette époque, on recevait du courrier environ une fois par mois.  La commission d'Armistice est arrivée à Flatters avec des véhicules Fiat.

 

Un autre militaire ajoute...  de juillet 1941 à novembre 1943 j'étais affecté à la 1ère C.S.P.M. d'Ouargla comme mécanicien auto.  Après une liaison avec la colonne Leclerc à Ghadames en 1943 je suis resté plusieurs mois à Fort-Flatters.  Pendant ce séjour nous logions dans le vieux bordj construit en 1904.  En bas, près de la palmeraie, il y avait le bureau de poste au milieu de la petite place, le bureau et le logement de notre officier, les ateliers des Transports Devicq ainsi que le bâtiment des Subsistances où nous descendions prendre notre ravitaillement plutôt réduit, boîtes de singe, sardines, pâtes, haricots secs, lentilles, pois cassés, etc…

Tous nos déplacements se faisaient en véhicules...  Ouargla, Fort-Lallemand, le Gassi Touil où nous suivions à vue les fameuses balises d'aviation, l'Akba 14 avec son téléphone et la descente sur Fort-Flatters.

 

Un ancien de l'Armée de l'Air à Fort-Flatters se rappelle...  je suis arrivé en juillet 1954 à bord d'un Ju 52.  Il y avait peu de chose pour l'armée de l'air à l'époque, l'ancien bâtiment du STS servait de station radio avec deux autres petites constructions situées un peu plus à l'est.  Nous étions cinq au total, le chef de poste était le sergent-chef Dehalas.  Il n'y avait pas de P.T.T., le courrier nous était adressé à Blida et était acheminé par la rotation hebdomadaire du mercredi avec le ravitaillement, au début en Ju 52 et ensuite en C-47 du Groupe "Anjou" qui rentrait d'Indochine.

 

Un ancien de la Compagnie Méhariste de la Tinrhert...  je suis arrivé à Fort-Flatters le 8 août 1956 et la Compagnie est partie pour In-Salah le 20 janvier 1958.  A mon arrivée, la Compagnie était installée au bordj puis elle quitta l'ancien bordj pour laisser la place à la Légion et nous nous sommes installés dans Flatters même.

La Compagnie était commandée par le capitaine Butaye, il y avait aussi les lieutenants Nardin et Sureau.  Le commandant Morin était le commandant de la Place de Fort-Flatters.